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Sélection

"À la casserole n°3" : entretien avec Nolwenn Pamart.

Thésarde en Lettres, future conservatrice des bibliothèques et chroniqueuse à ses heures perdues, Nolwenn Pamart est aussi une jeune auteure qui vient de publier son premier recueil de nouvelles chez Les Deux Crânes : Le Désespoir de l'affichiste. Elle est également - avec l'aide de deux comparses - à l'origine des éditions et de l'association Vermiscellanées, qui viennent d'éditer leur premier recueil : 99 variations façon Queneau. Elle a répondu aimablement à mes petites questions.
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1) Présentez-vous en quelques mots :

Je multiplie volontiers les casquettes, mais beaucoup de choses dans ma vie tournent autour du livre. Je prépare une thèse de littérature consacrée à un auteur de la fin du XIXe siècle, je travaille en bibliothèque, je fais partie d’une maison d’édition associative. Et enfin, c’est un peu la dernière pierre des fondations : j’écris. Je viens de publier mon premier livre : un recueil de nouvelles historiques i…

Ronces Blanches et Roses Rouges, de Laetitia Arnould.


source

Je me suis procurée il y a quelques mois le premier livre de la toute jeune maison d'édition Magic Mirror, créée il y a un peu plus d'un an, et dont la ligne éditoriale s'appuie sur la matière merveilleuse, la réécriture des contes de fées. Ce premier roman est inspiré du conte Blanche-Neige et Rose-Rouge des frères Grimm, et s'intitule Ronces Blanches et Roses Rouges. L'auteure, Laetitia Arnould, invite le lecteur à se plonger dans un roman au genre agréablement régressif et merveilleux.

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Sirona et Eloane vivent dans une petite maison de chaume sous la tutelle de Mme Whitecombe, qui s'occupe d'elles depuis leur enfance. Les deux sœurs, désormais adolescentes, se sont résignées à leur vie solitaire et reculée. Pourtant, des questions restent : pourquoi n'ont-elles aucun souvenir de leur enfance ? Qui sont leurs parents ? Pourquoi Mme Whitecombe n'aime-t-elle pas les questions ? Un jour, un étranger frappe à la porte, et tout bascule. Voilà que leur tutrice promet Sirona en mariage à cet inconnu, et petit à petit, le masque de gentillesse et de douce féerie de leur vie se craquelle. Sirona finit par s'enfuir, déterminée à affronter les ours et la forêt, mais se fait la promesse de revenir chercher sa sœur. D'une nature pragmatique, Sirona ne croit pas à la magie, pourtant, elle va bien devoir s'y faire, car la magie, elle, ne l'a pas oubliée...

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Ronces Blanches et Roses Rouges est un livre a priori prometteur : une très belle couverture réalisée par l'artiste Mina M., et un résumé alléchant, reprenant les codes du conte merveilleux.
Cependant, les 227 pages de ce roman sont inégales.  La plume de l'auteure, qui se veut poétique, comporte de nombreuses maladresses stylistiques : expressions un peu trop naïves, pléonasmes divers, ponctuation qui manque de rigueur (les virgules, bon sang !), etc ; tout cela aurait pu être amélioré avec un bon travail de correction. Ajoutons une intrigue mal ficelée par des retournements de situations auxquels on a du mal à croire ou qui manquent de caractère logique et une gestion des récits présents/passés qui laisse perplexe. Enfin, les dialogues sont peu convaincants : les différences de discours - tantôt soutenu, tantôt familier - se ressentent et devraient être corrigées.

Il faut tout de même noter les points forts de ce récit : je l'ai lu d'une traite, ce qui montre une certaine aisance de l'auteure quant à la narration. Le caractère merveilleux est bien présent et subtilement mis en scène, et les personnages plutôt bien plantés. J'aurais aimé qu'ils soient encore davantage développés, mais après tout, il s'agit d'un conte. L'auteure a également fait un travail de réécriture intéressant : ainsi on retrouve tout au long de son récit des éléments importants comme les deux sœurs, l'ours, la chaumière, le nain, et la magie, qui font partie du conte originel, tout en étant amenés différemment.

Je n'ai pas trouvé la lecture désagréable, mais avec un bon travail de réécriture, d'équilibrage des temps du récit et un style affiné, Ronces Blanches et Roses Rouges serait passé du stade du "roman d'amateur" à "roman d'écrivain". Je souhaite tout de même saluer le travail de la toute jeune maison d'édition, qui a eu du flair avec cette ligne éditoriale spécialisée et enchanteresse. J'espère que les prochains romans se démarqueront en bien.

Ronces Blanches et Roses Rouges, Laetitia Arnould, éd. Magic Mirror, coll. "Forgotten", Toulon, 2017.

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