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jeudi 30 avril 2020

#PLIB2020 Les Brumes de Cendrelune, tome 1 : Le jardin des âmes, de Georgia Caldera


Seconde lecture pour le Prix Littéraire de l'Imaginaire Booktubeur App, Les Brumes de Cendrelune tome 1 : Le jardin des âmes de Georgia Caldera aux éditions J'ai lu pour elle, qui fait partie des 5 livres finalistes. La couverture m'a de suite attirée, et j'ai plongé dès les premières pages dans ce roman de fantasy aux accents mythologiques. L'autrice n'en est pas à son premier coup d'essai puisqu'elle a reçu le Prix Merlin en 2012 pour son roman Réminiscences.

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Le royaume de Cendrelune est régi par des dieux, dont le plus puissant de tous, Orion, détient le pouvoir de connaître toutes les pensées de ses sujets humains. Ces derniers vivent dans une cité de fer, au service des immortels, et se voient punis à la moindre pensée hérétique. L'une de ces punitions est l'amputation des membres, remplacés par des prothèses en métal forgées par Héphaïstos. C'est le châtiment que Céphise, jeune violoniste, a subi, suite aux propos blasphématoires de son père. Devenue orpheline et une Rapiécée, une paria, elle mène une vie douloureuse entre remords et colère envers ces dieux cruels. Mais l'adolescente ne se doute pas que son désir de vengeance est partagé et qu'il la mènera tout droit dans la gueule du loup : la Cathédrale d'Éternité, maison des dieux, et plus précisément, dans la chambre de l'Ombre, bras droit aux terribles pouvoirs d'Orion.

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Les Brumes de Cendrelune est diablement efficace. Roman choral au style ciselé, on plonge avec délice dans les pensées de Céphise, jeune fille à l'esprit fougueux et critique, ainsi que dans celles de Verlaine, jeune demi-dieu tourmenté pour qui on ne peut que nourrir de l'affection malgré son travail de bourreau. On rencontre également les esprits d'Héphaïstos, dieu de la forge, à l'origine des membres de métal portés par les humains séditieux, et de Proserpine, dernière vestale d'une divinité vouée à l'oubli depuis des siècles et maintenue prisonnière par Orion. 
Les caractères des deux personnages principaux sont bien amenés, même si on pourrait reprocher quelques clichés : le beau Verlaine torturé par sa condition de demi-homme et ses pouvoirs maléfiques, et la jeune femme sauvage incarnée par Céphise, qui va se retrouver malgré elle sauvée par celui qui est le bourreau de sa famille. Malgré ça, on lit avidemment les péripéties de ces deux personnages hantés par leur passé. Ils forment un duo intéressant : outre leur passé révoltant, leurs pouvoirs marchent en miroir : l'un détruit tandis que l'autre guérit ; Céphise s'endurcit et Verlaine s'adoucit, se laisse aller à l'empathie, embrasse davantage son côté humain. L'un et l'autre sont complémentaires et grandissent en se côtoyant, et même si la fin de ce premier tome semble malheureuse, j'ai hâte de savoir dans le prochain ce qu'il adviendra d'eux.
Vous l'aurez deviner, ce récit est également celui d'une histoire d'amour impossible. Cet aspect très Roméo et Juliette n'est pas pour me déplaire et la midinette en moi a refermé le livre avec frustration.

L'univers des Brumes est très intéressant : l'autrice mêle habilement dystopie et fantasy, le tout saupoudré de mythologie. En effet, après des siècles et des siècles où les dieux ont laissé les humains vaquer à leurs affaires et s'autodétruire, ils ont décidé de revenir parmi eux et de remettre de l'ordre. Enfin, c'est l'histoire servie par Orion et consort... J'ai aimé les petites pointes de militantisme écologique : le seul endroit où se trouvent encore des arbres et des plantes est la serre au sein de la Cathédrale, tout le reste n'est que cendres, acier et brume. Plus rien ne pousse au dehors, même la nourriture est synthétique. La serre est d'ailleurs un élément clef puisqu'elle est liée aux pouvoirs de Verlaine, et un symbole fort : celui du cycle de la vie : de la mort naissent de nouvelles essences. 
L'univers de Cendrelune est cruel, mais la cruauté ne vient pas de la ville métallique et grise où vivent des milliers d'humains, mais de la Cathédrale, qui renferme les appartements chatoyants et somptueux des dieux. Ainsi, la lumière n'est pas synonyme de "bien" dans ce roman. Au contraire, il faut s'en méfier ! C'est dans les ombres qu'évoluent la justice et la bonté : les petites maisons pauvres de Cendrelune, les ruelles sales, ou encore les cachots de la Cathédrale...
Dans ce roman sombre, les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent, et c'est une des leçons que Céphise va devoir apprendre.

Pour conclure, je suis absolument séduite par cette histoire et j'attends de pied ferme le mois d'octobre prochain pour me procurer la suite !


Ce livre a été lu dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire Booktubers App.



Les Brumes de Cendrelune, tome 1 : Le jardin des âmes, Georgia Caldera, éd. J'ai lu pour elle, 2019. #ISBN9782290165614

mercredi 19 février 2020

#PLIB2020 Vert-de-Lierre, de Louise Le Bars


Louise Le Bars m'avait approchée en 2018 afin que je lise et chronique son roman Vert-de-Lierre, alors autoédité. Finalement, je l'ai découvert une fois édité chez Noir d'Absinthe, illustré magnifiquement par Marcela Bolívar. Ce roman descend tout droit du décadentisme du XIXe, et a été adoubé par l'autrice Amélie Nothomb. Au départ dans ma pàl du Pumpkin Autumn Challenge 2019, il aura été lu dans le cadre du PLIB, et j'espère qu'il sera parmi les 5 livres finalistes ! Vert-de-Lierre est le deuxième roman que je lis des éditions Noir d'Absinthe, et je dois dire que pour une petite et jeune maison, je suis ravie de leurs choix éditoriaux !

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Olivier Moreau est un jeune écrivain de polars. De retour dans le village de sa grand-mère récemment décédée afin de mettre de l'ordre dans la maison familiale, il découvre la légende du Vert-de-Lierre, une étrange créature végétale qui se nourrit des hommes pour traverser le temps. Alors qu'il cherche en vain l'inspiration pour un second roman, ce mythe l'interpelle au plus haut point, et il se met à la chasse aux indices afin d'en apprendre davantage. C'est ainsi qu'il rencontre une étrange dame en noir, et, se rendant à son manoir, sa nièce : une jeune femme nommée Rose. Débute alors pour Olivier une obsession pour cette rousse au charme énigmatique, avec laquelle il noue une relation faite de longs après-midis dans le jardin du manoir à parler art et littérature...

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Vert-de-Lierre est un premier roman subtile, envoûtant et instruit, il plonge le lecteur dans un raffinement langagier et imagé dès les premières lignes. La couleur gothique est fidèlement réalisée, tout en n'étant pas pastichée. Quant au mysticisme, l'autrice réussit un livre avec plusieurs degrés de lectures symboliques. Écrit à la première personne, le roman est fait de récits enchâssés et de mise en abyme : le narrateur n'est autre qu'Olivier Moreau, qui se voit prêter un manuscrit rédigé par Rose racontant l'histoire d'une certaine Mary, victime du Vert-de-Lierre, du point de vue interne. Le manuscrit se trouve être l'enjeu du roman, tenant le narrateur en haleine et renforçant son obsession pour l'autrice. Il est également la clef du mystère entourant Rose et sa tante... 

Louise Le Bars parsème son récit de tics et clins d’œil littéraires du XIXe. Ainsi Olivier Moreau ne serait-il pas une référence au peintre symboliste, Gustave, du même nom ? Ce jeune écrivain naïf se voit torturé par le manque d'inspiration, thème largement exploité en poésie au XIXe - on pense très fort à La Muse malade de Baudelaire, métaphore même du manque d'inspiration -, et la retrouve grâce à sa rencontre avec Rose, qui passe la majeure partie de son temps dans son jardin à soigner les fleurs. La muse à la chevelure de feu est une digne héritière des femmes fatales dépeintes et décrites par les artistes des mouvements préraphaélites, symbolistes et décadents ; tour à tour victime et boureau, Rose est finalement l'actrice principale de ce roman suave et déroutant, phagocytant l'esprit du narrateur. Cela fait penser quelque peu au mythe du vampire, rendu célèbre grâce au Dracula de Bram Stoker. Et en effet, le fameux Vert-de-Lierre dont la jeune femme est l'hôtesse est un esprit végétale se nourrissant de la sève des hommes, comme le lierre se nourrit de la sève des arbres... Un autre personnage ressemble fortement à une figure célèbre du XIXe siècle : Oscar Wilde. Il s'agit de l'époux de Mary, Nathaniel, dandy et fin esthète, et qui a des penchants homosexuels. Il compare d'ailleurs sa femme à Lilith et Méphistophéla, clin d’œil aux mythes du vampire et de la femme fatale, et la déifiant au passage.

On s'aperçoit que le jardin est un élément central du roman ; il est à l'image de la maîtresse des lieux : à la fois frais et capiteux, il est l'alcôve végétale des amours de Rose. Il m'a fait penser au Jardin des supplices d'Octave Mirbeau, en nettement moins sadique. Le narrateur observe souvent à la dérobée sa dulcinée, décrivant là une nuque parsemée de taches de rousseurs, ici la main délicate s'occupant des roses, comme autant de tableaux préraphaélites (je pense à J. W. Waterhouse). Le jardin est aussi une réminiscence de la vie sauvage qu'a menée Rose, ou Mary, le personnage de son récit qu'elle offre à Olivier. Le mythe de la femme qui serait reliée à la nature est très prégnant depuis le Moyen Âge : sorcière des bois ou jeune nymphe se baignant dans un ru ombragé, soumise à son utérus, la femme est un être entouré de secrets et de préjugés sexistes. 

Le XIXe ne l'épargne pas en littérature, mais aussi... en psychiatrie. Le récit enchâssé de Rose raconte le passage de la jeune paysanne Mary en hôpital psychiatrique afin de la traiter pour hystérie. Ce chapitre pointe du doigt les horribles traitements qu'ont pu subir nombre de femmes faussement accusées de folie par leur époux ou leur entourage. La psychiatrie s'est ainsi construite sur la torture de nombreuses victimes féminines. En parlant de troubles psychiatriques, un autre thème est traité : celui du double, à la Dr Jekyll et Mr Hyde. En effet, lorsque le Vert-de-Lierre hante sa victime - ici Mary -, un changement de personnalité s'opère, et son hôte ne se souvient de rien lorsque le lierreux se réveille...

Vert-de-Lierre est un court roman finement construit dont je ne peux retranscrire tous les éléments d'analyse. Histoire d'amour d'un écrivain pour sa muse, histoire de l'émancipation d'une femme de sa condition, conte gothique aux accents mystiques, ce livre sort du paysage fantasy habituel et rend un hommage saisissant à la littérature décadente de la fin de siècle.


Ce livre a été lu dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire Booktubers App.




Vert-de-Lierre, Louise Le Bars, éd. Noir d'Absinthe, 2019. #ISBN9782490417247

lundi 10 février 2020

#PLIB2020 Ma sélection des 5 livres finalistes pour le Prix Littéraire de l'Imaginaire Booktuber App



Et voici venu le mois de février, où tous les jurés du Prix Littéraire de l'Imaginaire Booktuber App doivent voter pour les 5 livres finalistes. Je dois avouer que je n'ai toujours pas pu vraiment me plonger dans les lectures, du coup j'ai seulement parcouru et lu quelques passages desdits livres. J'ai tout de même dû faire des choix, alors les voici :

Cendres, Johanna Marines, éd. SNAG
Le Phare au corbeau, Rozenn Illiano, éd. Critic
Les Brumes de Cendrelune, Georgia Caldera, éd. J'ai lu
Vert-de-Lierre, Louise Le Bars, éd. Noir d'Absinthe
La Cité des chimères, Vania Prates, éd. SNAG 

Les 5 romans qui seront choisis par la centaine de jurés du PLIB pour la finale devront être lus et chroniqués, je vais donc devoir être bonne élève ;) !

jeudi 14 novembre 2019

#PLIB2020 Ma sélection de 20 livres pour le Prix Littéraire de l'Imaginaire Booktubers App



J'ai l'honneur de faire partie du jury du Prix Littéraire de l'Imaginaire Booktubers App 2020, qui récompense un roman de SFFF parmi 124 présélectionnés. En tant que juré j'ai dû, pour la première session de votes, choisir 20 titres, lus ou non. Voici donc les livres qui m'interpellent le plus :

Agravelle ou l'Envers du Temps, Maxime Herbaut, éd. Inceptio
Alchimistes, Jean-Pierre Favard, éd. Séma
Ceux qui ne peuvent pas mourir, Karine Martins, éd. Gallimard jeunesse
Cendres, Johanna Marines, éd. SNAG
Chevauche-Brumes, Thibaud Latil-Nicolas, éd. Mnémos
Engrenages et sortilèges, Adrien Tomas, éd. Rageot
Je suis fille de rage, Jean-Laurent Del Socorro, éd. ActuSF
La lyre et le glaive, Christian Léourier, éd. Critic
L'Apprentie Faucheuse, Justine Robin, éd. Le Héron d'Argent
Le Crépuscule d'Aesir, Elie Darco, éd. Plume Blanche
L'Ensorceleur de choses menues, Régis Godyn, éd. L'Atalante
Le Phare au corbeau, Rozenn Illiano, éd. Critic
Les Brumes de Cendrelune, Georgia Caldera, éd. J'ai lu
Les Chroniques du Pays d'Us, tome 1, Andréa Schwartz, éd. Rebelle
Les Furtifs, Alain Damasio, éd. La Volte
Loin de lui le soleil, Vincent Tassy, éd. du Chat Noir
Manx Cat, Christine Sterbik, éd. Alter Real
Outre-Temps, Élisa Poggio, éd. Plume Blanche
Vert-de-Lierre, Louise Le Bars, éd. Noir d'Absinthe
Wicca, Marie Alhinho, éd. Poulpe Fictions

J'ai pu me procurer plusieurs de ces romans en service presse, que je chroniquerai bien évidemment une fois lus. Vous allez donc lire régulièrement à ce sujet toute l'année prochaine sur ce blog et mes réseaux sociaux ^^.